Norvège 2017
15 octobre 2017
Norvège Où ? Quand ? Comment?
18 décembre 2017Kayak de mer au Groenland
Qaanaq et le fjord d'Inglefield
Juillet - Août 2017
Chaque année, une grande polynie se forme dans le Bassin de Kane (Carte) où viennent respirer phoques, belugas, morses et grandes baleines tandis que des millions d'oiseaux convergent ici en été pour nicher et pêcher. Cette polynie a favorisé l'installation de groupes de chasseurs et de nombreux sites préhistoriques dont les plus anciens remontent à 4000 ans ont été découverts sur les rives du détroit de Narès et dans les îles voisines du fjord d'Inglefield.
Jusqu'au milieu du 20ème siècle, 6 ou 7 villages Inuits étaient installés autour des fjords de la région. Mais à partir des années 50, l'installation de la base aérienne (Voir plus loin), la création d'un aéroport à Qaanaaq en 1991 et le développement des communications ont entraîné un abandon progressif des villages. Aujourd'hui, seuls Siorapaluk et Qeqertaq comptent encore une trentaine d'habitants chacun alors que plus de 600 personnes vivent à Qaanaaq.
Thulé, la base militaire et l'accident de 1968
Au cours de l'histoire, le nom de Thulé, introduit il y a plus de 2000 ans par le grec Pythéas, a été utilisé par de nombreux auteurs pour parler de la limite au nord du monde connu, une sorte de bout du monde. Aussi, lorsqu'en 1910 Knud Rasmussen et Peter Freuchen fondent au cap d'York un comptoir d'échange de marchandises avec les Inuits, ils l'ont nommé Comptoir de Thulé car c'était le plus au nord du monde. De même pour la base aérienne dans les années 40.
En 1941, pendant la seconde guerre mondiale, le Danemark, qui exerçait la souveraineté sur le Groenland, autorisa les Etats-Unis à créer une base militaire au Groenland. Le lieu choisi était situé à environ 150km au sud de Qanaq, sur la rive sud du fjord Woltenstolme. Ce sera la base de Thulé.
10 ans plus tard, en pleine guerre froide avec la Russie, le Danemark autorise l'agrandissement de la base dans le cadre de l'OTAN, sans aucune consultation des populations locales qui n'avaient même pas été informées ! On lira à ce propos le récit de la découverte fortuite de la base par l'explorateur français Jean Malaurie en juin 1951 dans son livre "Les derniers rois de Thulé "(Voir la bibliographie). En mai 1953, le Danemark ordonne le déplacement de la petite communauté Inuit (187 habitants) qui vivait à Dundas à l'endroit prévu pour l'extension de la base. Les Inuits ont été déplacés de force et installés 150km au nord, là où se trouve aujourd'hui le village de Qanaq qui n'existait pas en 1953 et a été construit pour héberger les exilés de Dundas. Cette ville nouvelle a d'abord été appelée Nouvelle Thulé puis Qaanaaq depuis 1973.
En juillet 2017, lors de notre séjour à Qaanaaq, nous avons logé dans la maison de Régine Christensen, vieille dame Inuit adorable âgée de 82 ans qui a été déplacée en 1953 alors qu'elle avait 18 ans et en conserve la mémoire plus de 60 ans après.
Le 21 janvier 1968, un bombardier américain B52 s'écrase à proximité de la base de Thulé. Outre les 7 membres de l'équipage, l'appareil transporte 4 bombes à hydrogène lorsqu'un incendie se déclare à l'intérieur de l'avion au-dessus de la baie de Baffin. L'équipage est contraint d'abandonner l'avion sans pouvoir tenter un atterrissage en urgence à Thulé. 6 membres de l'équipage s'éjectent mais le septième se tue en sautant en parachute. L'avion, qui n'est plus piloté, s'écrase dans la baie de North Star, à 12km de la base de Thulé alors que l'obscurité arctique, une température de -30°C et la glace qui recouvre la baie compliquent les secours.
Le choc entraîne la détonation des explosifs situés à bord, la rupture et la dispersion des charges nucléaires et une importante contamination radioactive. Une des 4 bombes n'a jamais été repêchée. De nombreux Inuits, réquisitionnés pour participer aux opérations de nettoyage après la catastrophe, ont été affectés par diverses maladies et n'ont reçu qu'une indemnité très tardive.
Aujourd'hui, la base militaire de Thulé est toujours en activité; c'est un élément important de la surveillance des satellites militaires américains ainsi que de l'ensemble des radars chargés de détecter un éventuel tir de missile.
Kayak de mer autour de Qaanaaq
Infos pratiques
Qaanaaq possède un aéroport avec des liaisons assurées par Air Greenland au départ d'Ilulissat. Les vols ne sont pas quotidiens. Il y a un supermarché et un hôtel cher où l'on peut manger mais pas cuisiner. Il est possible de loger chez un particulier, ce qui est moins cher et plus pratique côté cuisine. Douches possibles à l'hôtel, à la maison communale ou chez le particulier qui vous loge.
Le bureau de la compagnie maritime (RAL) est situé dans le supermarché.
En raison de la latitude, la mer gèle en hiver et la banquise demeure sûre contrairement à la situation observée autour d'Uummannaq depuis 20 ans et d'Upernavik depuis 15 ans. Le traîneau à chiens est encore pratiqué autour du fjord d'Inglefield et on voit beaucoup de chiens en été à Qaanaaq et dans les environs.
Le marnage est assez important et peut dépasser 3m ce qui complique les accostages et les départs.
De nombreux glaciers se jettent dans la mer mais, à l'inverse de la baie de Melville, il n'y a pas de contact direct entre la calotte glaciaire et la mer. Les icebergs sont donc assez peu nombreux et moins gigantesques ce qui est favorable à la navigation mais regrettable pour l'esthétique.
Les accostages posent problème et l'on peut longer certaines côtes pendant 10, 15 voire 20km sans pouvoir s'arrêter. De même, la carte montre qu'on peut être amené à effectuer des traversées de 20 ou 25km dans le fjord d'Inglefield ou vers les îles situées à l'ouest.
Il existe de nombreuses randonnées pédestres au départ de certains camps mais le terrain est souvent très caillouteux.
Le vent peut se lever rapidement et être assez violent. Les précipitations sont parfois abondantes et peuvent générer des coulées de boue comme à Siorapaluk en 2016 où plusieurs maisons ont été endommagées. En août 2017, nous avons, durant plus de 30h, subi des vents forts acccompagnés de pluies diluviennes qui ont crée des torrents de boue autour de nos tentes.
La faune des environs de Qaanaaq est particulière. Tout d'abord, il y a les mergules nains. Ces petits oiseaux noirs avec la poitrine blanche sont extrêmement nombreux au nord-ouest du Groenland; leur population est estimée à 60 millions d'individus par les ornithologues.
C'est le plus petit des oiseaux pêcheurs, il se nourrit de crustacés et niche à même le sol, sur des versants caillouteux dominant la mer. Ils volent très vite, le plus souvent en groupe, au ras de l'eau ou le long des falaises et ne se posent jamais ce qui explique la rareté de leurs photos ! Les Inuits les attrapent avec un filet pour se nourrir.
Les narvals sont nombreux dans le fond du fjord d'Inglefield et les fjords affluents, notament le fjord Bowdouin où nous en avons vu beaucoup. Les phoques et les lièvres blancs sont présents partout (jamais ensemble !).
Enfin, nous avons croisé un boeuf musqué dont les intentions à notre égard n'étaient pas très claires !
Le carnet de route
14 au 19 juillet - Attente à Qaanaaq
Arrivés à Qaanaaq le 14 juillet, nos caisses de matériel ne sont pas là. Elles sont dans le bateau de la RAL que l'on voit au large de Qaanaaq mais ne peut approcher à cause de la glace qui recouvre encore le fjord. Donc, il faut attendre. D'ailleurs, les habitants de Qaanaaq attendent aussi car les rayons du supermarché sont vides puisque le bateau n'a pas encore pu ravitailler le village. Plus de pain, ni de lait, ni de biscuits, ni de ....rien !
Nous logeons dans la maison de Régine Christensen qui est une vieille dame Inuit très gentille et on attend. Grande rando au-dessus de Qaanaaq jusqu'au glacier, histoire de s'occuper et se dégourdir les jambes.
Le 18 juillet, une équipe de 3 canadiens arrive à Qaanaaq en venant de Grise Fjord au Canada. Ils ont traversé le détroit de Narès malgré l'attaque d'un morse qui a percé le fond d'un de leurs kayaks. Bravo à eux. Enfin, le 19 juillet, après 5 jours de patience, les caisses sont là.
20 au 24 juilet - De Qaanaaq au fjord Robertson
Après avoir prestement monté les kayaks et chargé le matériel, on quitte Qaanaaq vers l'ouest dans la soirée du 20 juillet pour une courte étape de 7km, histoire de dire qu'on est parti et qu'on dort au camp 1. Poursuite vers l'ouest le lendemain en suivant la côte sous un ciel couvert mais un temps acceptable jusqu'au moment où le kayak de Jean-Marc et Philippe présente tous les signes d'une voie d'eau. Arrêt et camp 2 où on découvre une fente dans la toile. Ils ont dû toucher un rocher tranchant au mauvais endroit, rien de grave. Philippe répare mais la colle doit sécher plusieurs heures donc on reste au C2 en faisant une longue balade au-dessus du camp.
Départ du C2 le 23 à midi à cause de la marée basse qui nous bloque sur la côte. Après avoir doublé le cap Cleveland, on pénètre dans le fjord McCormick où le vent se lève. C'est un vent d'est qui devrait nous pousser vers le fjord Robertson. Bien évidemment, après notre départ, le vent tourne et nous sommes vent de face. Demi-tour et retour sur la rive sud du fjord McCormick pour un bon camp C3. Le 24 juillet, beau temps sans vent, le fjord McCormick est un véritable lac que l'on traverse facilement avant de pénétrer dans le fjord Robertson où C4 est dressé en face de Siorapaluk. Toute la journée, nous sommes impressionnés par le va-et-vient incessant de milliers de mergules nains.
25 au 29 juillet - Siorapaluk et le fjord Robertson
Beau temps le 25 pour une agréable journée qui nous conduit vers le fond du fjord Robertson. Camp C5 dans un site magnifique avec de l'eau claire à l'entrée du chenal fermant le fjord. Dans la soirée, visite d'une famille de Siorapaluk qui vient nous voir en revenant de ramasser des oeufs d'eiders. Une journée de rando le lendemain pour aller admirer la vue sur le front du glacier Verhoeff. 6Km de marche et 400m de grimpette dans les cailloux au milieu des lièvres blancs jusqu'à un promontoire permettant de dominer le fond du fjord. Superbe malgré le ciel gris. Des milliers de mergules défilent au ras de nos têtes à une vitesse hallucinante. Journée parfaite s'il y avait eu un peu de soleil pour les photos.
La journée suivante nous emmène sur la rive opposée du fjord Robertson pour installer C6 sur le delta de la grosse rivière sortant du glacier Siorarssuaq. Beau camp où l'on arrive à marée haute; les roches sont rouges et la mer aussi devant le delta.
Nouvelle rando le lendemain pour gravir un sommet de 675m qui domine le fjord et le glacier Siorarssuaq. Belles lumières sur le fjord Robertson, retour au camp et diner au soleil face à la mer. Le ciel se couvre rapidement et il pleut toute la nuit. Au matin, il pleut toujours, la mer est basse et elle est loin. Le camp installé au bord d'un large delta humide et boueux n'incite guère à porter les kayaks et le matériel. Dans l'après-midi, la mer remonte et on se motive pour une courte étape sous la pluie jusqu'à Siorapaluk où l'on parvient dans la soirée.
Accueil sympathique, on nous montre quelques m² d'herbe plate pour camper au milieu du village (C7).
30 juillet au 4 août - Pluie et vent de Siorapaluk à l'île Herbert
Nous sommes dimanche et la cloche de l'église qui appelle les fidèles à la messe nous réveille ! Visite de Siorapaluk, l'église, le cimetière et le supermarché fermé aujourd'hui. Le temps se lève et nous partons traverser le fjord Robertson sous le soleil. Arrêt technique près du cap Kangeq où l'on observe d'innombrables vols de mergules qui partent à la pêche aux crevettes.
Retour dans le fjord McCormick et confortable camp 8 sur la rive nord où il pleut toute la nuit. Le matin suivant, les conditions sont mauvaises avec pluie et vent. Attente. Le vent se calme dans l'après-midi. Démontage du camp pour traverser le fjord McCormick. Au moment de partir, un vent assez fort se lève à nouveau et la mer moutonne. Remontage du camp. on verra demain.
Fort vent toute la nuit mais, au matin du 1ér août, le temps est calme, le ciel gris, la mer lisse et on part. Tout va bien pendant 10km puis le vent de face revient peu avant le cap Cleveland. Court arrêt au cap où il est impossible de camper et on repart en suivant la côte nord du détroit de Murchison.
Le vent de face nous oblige à pagayer dur pour rejoindre l'emplacement du C9 situé près du C2. Rude journée.
Les mauvaises conditions se prolongent au C9 où nous demeurons 2 jours sans pouvoir traverser le détroit de Murchison à cause du vent.
La mer se calme le 4 août au matin et on s'élance pour franchir les 17km qui nous séparent de l'île Herbert. Après une navigation tranquille, le vent du sud se lève à nouveau alors que l'on approche de l'île. En pagayant comme des boeufs, nous mettons 2h pour parcourir les 4 derniers km. Arrivés fatigués et transis à l'ancien village de Qeqertarssuaq aujourd'hui abandonné.
Visite du village dont les maisons désertées sont ouvertes, parfois en ruines. De nombreux chiens de traîneaux sont attachés ici. Ils appartiennent à des habitants de Qaanaaq qui viennent les nourrir de temps en temps et les ramèneront au début de l'hiver.
L'église est encore en bon état et l'ancienne école située dans une petite salle derrrière l'autel sert de refuge. Ce sera notre C10. C'est assez émouvant d'être ici, dans la petite école d'un village abandonné dont la vie a disparu et où se trouve encore une bibliothèque, des livres pour enfants, une mappemonde, un tableau noir et de la craie.
Dans la soirée, nous recevons la visite d'une famille Inuit de Qaanaaq venue ici pour nourrir ses chiens et revoir son église et son école.
5 au 12 août - De l'île Herbert à Olrik Fjord
Départ de l'île Herbert sans soleil, mais sans vent, pour franchir les 21km du Hvalsund. La traversée se déroule bien au milieu des mergules en quête de nourriture. Un seul endroit petit et caillouteux pour dresser le C11 sur la rive gauche du glacier Misumassoq. Dans la soirée, 3 Inuits nous rendent visite et nous indiquent qu'il existe une cabane en bon état sur l'autre rive du glacier Misumassoq. Ce sera utile au retour.
Départ vers l'ouest le jour suivant sous un ciel couvert. Dans une ambiance froide et brumeuse, on longe les hautes falaises qui forment la côte sud du Hvalsund où tout accostage est impossible durant 20km. Seule la vaste baie située avant le cap Powlett permet d'installer un agréable camp C12. Une longue randonnée permet de visiter le site du glacier Tyndall et de la baie Barden situés au sud du camp. 7h de marche sur une mer de cailloux et sous un ciel désespérément gris-noir pour une vue assez décevante.
Il n'y a plus qu'à revenir vers le glacier Misumassoq en suivant à nouveau les falaises.
On trouve facilement la cabane indiquée par les Inuits. Elle est propre avec des bat-flanc et ce sera le C13. Pluie toute la nuit. Le matin, tout est trempé au dehors et rien ne sèche dans la cabane. Le brouillard masque tout le paysage et nous demeurons ici, entre la mer, le glacier et des pentes raides de rochers branlants.
Après cette journée de repos forçé, tout demeure froid et humide sous un ciel sombre. Malgré cela, on part courageusement en suivant la côte vers l'est. On traverse plusieurs glaciers avant de rejoindre le Politiken Brae qui atteint encore la mer dont il est séparé par une énorme moraine frontale. Le front domine une baie communiquant avec la mer par un chenal étroit, siège d'un fort courant de marée. La brume s'est un peu dissipée et nous partons à pied visiter ce site curieux.
Mais au fur et à mesure que l'on avance, la brume descend et nous ne verrons pas le front du Politiken Brae. Poursuivant le long de la côte, on gagne l'entrée de Olrik Fjord et l'ancien campement Inuit de Itivdleq où se trouve une cabane en bois propre et en état, parfaite pour le C14. Philippe et Jean-Marc décident de monter leur tente à côté de la cabane; ils vont bientôt le regretter.
En effet, le vent se lève pendant la nuit, la mer moutonne dès le matin et la traversée en kayak vers Olrik Fjord est remplacée par une randonnée pédestre sur les crêtes situées au sud du camp. Le vent forcit et, parvenus vers 250m d'altitude, on ne tient plus debout. Retour au camp où la tente est mal en point face à un vent catabathique violent.
Mal montée et surtout mal orientée, elle est pliée par une rafale qui casse un arceau en 3 morceaux.
Les tentes tunnels, c'est bien connu, ne supportent pas les vents de travers. Tout le monde dormira dans la cabane qui est vraiment bienvenue tandis que la tente est réparée tant bien que mal.
Retour d'un temps calme et départ vers Olrik Fjord au matin du 12 août. Traversée facile du fjord parmi les nombreux phoques qui marsouinnent en troupeau en criant. Arrivée au site de l'ancien campement Inuit de Narssaq où le temps se lève avec le premier rayon de soleil depuis deux semaines.
13 au 19 août - D'Olrik Fjord à Qeqertaq
Le vent et la pluie se lèvent au cours de la nuit et, dès le matin, une violente tempête s'installe. Vent fort et pluie diluvienne durant toute la journée du 13 août. Philippe et Jean-Marc sont à moitié écrasés dans une tente réparée et je crains que l'on se retrouve à 4 dans la nôtre. Les kayaks sont devenus inaccessibles car les petits ruisseaux situés à proximité se sont changés en fleuves de boue. Dîner chaud dans la tente pour conserver le moral.
Au cours de la nuit suivante, les choses ne s'arrangent pas. Nos amis sont prêts à affaler ce qui demeure de leur tente et je redoute d'être sans aucun abri sous des trombes d'eau. Nous sortons plusieurs fois pendant la nuit pour observer l'avancement des rivières vers la tente. Elle est très bien placée et semble sûre mais le rideau d'eau qui tombe est impressionnant. Le temps ne se calme que vers midi après 36h de déluge. Le niveau des rivières baisse rapidement dans l'après-midi mais la forme de la côte a été modifiée par la tempête car les rivières en crue ont emporté le sable qui formait la plage de Narssaq. Notre tente a très bien résisté, elle est parfaitement sèche et on se prépare pour un départ vers l'extrémité du fjord d'Inglefield.
Très beau temps après ces 2 jours de tempête, départ vers l'est et le fond du fjord. Après une pause technique à Tikeraussaq à 10km suivie d'un arrêt pique-nique sous le soleil à 18km, on rejoint le glacier Huribut à 25km où se trouve une petite cabane en bois. Il fait beau, sans vent, la mer est calme et on décide de poursuivre pendant quelques km. Mais au-delà du glacier Huribut, la côte n'est plus qu'une succession ininterrompue de hautes falaises et de blocs de rochers pendant plus de 25km. Ce n'est que vers 11h du soir, parvenus à l'ancien campement Inuit de Kangerdlussuaq, que l'on peut enfin accoster après 52km de pagayage. Malgré tout, la fin de l'étape est très belle avec icebergs, nombreux oiseaux, phoques et soleil de minuit. Il y a ici 2 petites cabanes où nous installons le camp C16.
Le 16 août, le beau temps se maintient mais le vent se lève et éteint nos faibles envies de départ après les fatigues de la veille !
Le jour suivant doit nous conduire aux îles Harward d'où l'on gagnera le front du glacier Heilprin et le village de Qeqertaq. Agréable pagayage sous le soleil jusqu'à Academy Bay d'où l'on rejoint l'entrée ouest du détroit qui sépare les deux îles Harward parmi les nombreux phoques qui marsouinent. Dans le détroit, un fort vent thermique d'est se lève brutalement et nous empêche de sortir vers l'est. C17 sur l'île sud de Harward.
Courte traversée le matin suivant pour gagner la baie à l'est de l'île nord où le C18 est installé sous le soleil avant une longue randonnée à pied au nord-est de l'île. Superbe vue sur le front du glacier Heilprin.















































