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Les îles du Helgeland
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Les côtes norvégiennes se prêtent bien au kayak de mer, avec des zones relativement abritées de la houle du large et la possibilité de camper librement. Pas d'icebergs ni d'ours polaires, mais nous devrons être vigilants car la navigation est parfois assez loin de la côte, les courants de marée peuvent être forts et le vent se lever très vite.
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Le district du Helgeland correspond à la partie de la Norvège comprise entre 65°N et le Cercle Polaire Arctique. Les deux petites villes de Brønnøysund et Sandnessjøen sont les principales communes situées le long de la côte du Helgeland.
Le Helgeland est propice au kayak de mer car de très nombreuses petites îles, (plus de 10000), émergent de quelques mètres et brisent la houle venant de l'ouest. Ces îlots, dont les dimensions varient de quelques dizaines de mètres jusqu'à 1 ou 2km ont des formes allongées et s'alignent suivant une direction NE/SW. La mer est peu profonde, ce qui éloigne les voiliers et oblige les ferrys et cargos à suivre des routes précises, permettant à un kayak de naviguer en toute tranquillité.
Il est parfois possible d'accoster et de camper sur ces îlots où l'on trouve rarement de l'eau. Le marnage est assez important, pouvant atteindre 3 ou 4m, ce qui forme des estrans assez vastes car la pente du rivage est faible. Pour accoster ou partir à marée basse, des roulettes de transport sont très utiles pour traverser les estrans avec un kayak chargé.
Une importante activité d'élevage de poissons, essentiellement des saumons, s'est développée le long des côtes norvégiennes. Dans tout le Helgeland, on rencontre de nombreux bassins pour l'élevage et d'importantes usines de traitement, notamment à Véga, Herøy, Vandved et Lovund.
Toutes les îles importantes du Helgeland (Véga, Donna, Tomma, etc...) sont habitées ainsi que des îles plus petites comme Lovund ou Vandved et parfois même de simples îlots. De nombreuses lignes de ferrys relient ces îles entre elles et sillonnent le Helgeland; il est important de noter les itinéraires suivis par ces ferrys afin de les éviter.
Il ne faut pas trop compter sur les îles habitées pour se ravitailler. Quelques petits magasins existent sur les plus grandes avec un choix très limité. Il convient donc de quitter la côte avec ses provisions. Il faut aussi disposer de bidons assez grands pour prendre de l'eau quand on en trouve. En cas de problème, on peut se rendre chez un habitant et demander de l'eau.
Certains parcours sont difficiles à suivre au milieu du labyrinthe des petits îlots. Il est conseillé d'être muni des cartes norvégiennes au 1/50000ème pour naviguer ici. Feuilles N° 10119 (Lovund), 10116 (Sandnessjøen), 10113 (Brønnøysund) et 10110 (Sømna). En vente sur le site du DNT: www.dntbutikken.no
Accès
Compte tenu du kayak et du matériel à acheminer, nous avons choisi de gagner le Helgeland en voiture. Long parcours sans histoire. Prendre le ferry entre Kiel et Oslo évite 800km de voiture, fait gagner un peu de temps, beaucoup de fatigue et ne coûte pas plus cher. Prendre les billets sur Internet le plus tôt possible
A Trondheim, nous avons suivi la route du Nord jusqu'à Steinkjer où l'on prend la route de la côte par Namsos. La voiture est restée au village de Terrak, à l'entrée du Tosenfjord. Le petit port de Terrak est un point de départ parfait; voiture garée au bord de l'eau près d'un plan incliné où l'on peut monter le kayak avant de le mettre à l'eau et parking gratuit à côté pour laisser la voiture pendant un mois. Une ambiance calme et agréable, la douche chaude de la capitainerie, un petit supermarché pour les derniers produits frais et une guesthouse confortable (mais chère) à proximité. Que demander de plus ?
Matériel
(Voir le chapitre sur le matériel en kayak de mer pour les détails). La seule innovation a consisté à prendre un chariot à roulettes pour tirer le kayak sur les estrans à marée basse ce qui s'est avéré bien utile. Le chariot néo-zélandais de la marque C-Tug est très solide et bien adapté. Le reste du matériel était classique. Nous avions apporté tout le ravitaillement depuis la France.
Le carnet de route
Départ de Terrak le 1er août pour une petite étape de mise en route. Le ciel est bien gris et la côte caillouteuse.
Premiers bassins de pisciculture avant un premier camp peu commode. Les trois jours suivants nous permettent de rejoindre l'île Helløya sous un ciel assez beau avec un petit vent de face. Des dauphins jouent autour du kayak dans le Bindalsfjord. Une heure d'arrêt au camping de Torghatten est nécessaire afin de remplir les bidons d'eau avant d'installer le camp 4 sur Helløya. La pluie et le vent du lendemain nous maintiennent sur l'île où les possibilités de balade sont limitées.
Départ d'Helløya le 6 août vers le nord. Une étape sur un îlot voisin de Burøya nous permettra d'être bien placés pour rejoindre la grande île montagneuse de Véga le lendemain. Bien que la distance à parcourir soit faible, c'est après une longue errance entre des îlots de forme allongée tous semblables entre eux que nous accostons à Burøya.
Le 7 août, départ retardé pour Véga à cause de la marée basse et d'un estran plus large qu'attendu. Dans ces cas là, il suffit d'être patient ! Après avoir franchi le Végafjord, la côte sud de Véga est rejointe mais, comme la carte le laissait prévoir, il n'y a pas d'accostage possible. On observe des phoques qui se suivent à quelques dizaines de mètres les uns des autres et se dirigent tous entre deux îlots vers l'est/nord-est. Où vont-ils ? Mystère. Le vent de face s'est levé, le ciel est noir et nous devons pagayer énergiquement pour rejoindre la côte est de Véga où est dressé le camp 6.
Aujourd'hui, il re-pleut et la tente est trempée (pas nous car elle est bien étanche). Nous voulons rejoindre la côte nord de Véga mais ne voyons pas l'étroit passage qui sépare l'île Igerøya de Véga.
En fait, les deux îles sont reliées par un pont mais les petits bateaux peuvent passer sous le pont. Une importante usine de traitement des poissons est installée à Igerøya avec un port artificiel aménagé qu'il faut contourner pour atteindre le versant nord de Véga. Eprouvante remontée contre le vent pour gagner le petit port de Vegsteinen. Nous croisons un grand bateau qui se déplace rapidement le long de la côte. Il a une forme bizarre et semble tout neuf.
C'est le bateau-ambulance, véritable petit hôpital flottant qui assure les soins médicaux à une population assez importante et très dispersée sur les petites îles. A Vegsteinen, la capitainerie et son eau potable sont bienvenues. Cherchant un endroit pour camper, nous croisons le gardien du musée qui nous conduit avec sa voiture à une petite crique parfaite et toute proche. Le camp 7 est installé et tout est rangé avant la pluie violente qui va sévir toute la nuit. Il pleut toujours le lendemain matin; la visite de la douche chaude de la capitainerie, proche du musée et de sa cafétéria occupe la matinée. Visite du petit musée avec gaufres et café. Départ à pied vers Gladstad, seul village de Véga où nous achetons la carte locale au 1/50000ème et une barquette de fraises !
La pluie a cessé et, le 10 août, nous repartons vers le nord. Nouvelle traversée entre les petits îlots où un courant de marée nous repousse. Courte visite de Nes où 4 kayakistes faisaient des excursions. Ce sont les seuls que nous rencontrerons durant un mois. Après un camp 8 sur un îlot, l'île de Donna est notre prochain objectif vers le nord. Longue traversée, tandis que le temps se gâte sérieusement. En fin de journée, nous cherchons un accostage mais un violent orage accompagné d'un vent fort et d'une pluie torrentielle s'abat sur nous pendant le montage de la tente. L'essentiel est mis à l'abri mais, le dîner achevé, on passe une partie de la nuit à maintenir la tente contre les vents qui balaient notre minuscule camp 9.
Un fort vent du sud nous incite à partir le lendemain malgré un ciel bien maussade. Comme nous allons vers le nord, inutile de pagayer. La pluie menace à nouveau et un camp 10 bien abrité est monté au sud de l'île de Sør-Herøy juste avant l'arrivée d'une nouvelle averse. Le vent du sud se maintient le lendemain avec de la houle. Dès que nous quittons l'abri des îles, le clapot du vent et la houle sont croisés et nous font regretter d'être partis. Après un long pagayage difficile, c'est avec soulagement que l'on se rapproche de l'île de Sør-Herøy. La pluie nous rejoint au village de Herøy où l'accostage a lieu dans le port de plaisance qui est désert. Un endroit très commode pour camper est trouvé derrière la capitainerie. Longue visite à la douche chaude puis à l'unique café du village.
Le lendemain, 14 août, le beau temps est enfin là et on quitte Herøy vers l'île de Donna. Grande usine à poissons au nord de Herøy. On se perd un peu au milieu des îles avant de passer sous le pont situé à l'extrémité sud-ouest de Donna. Camp 12 dressé sur la côte ouest de Donna. Le beau temps incite à marcher une journée sur cette île et nous montons au sommet d'Akvikfjellet à 300m d'altitude d'où la vue est très belle sur la côte et le massif des Sept Soeurs.
L'étape du jour suivant nous conduit sur la côte nord de Donna où un camp 13 parfait est dressé dans un petit port, sans doute privé mais désert, malgré plusieurs maisons aux alentours. Très agréable soirée avec, enfin, un beau coucher de soleil sur les rochers ocres qui forment la côte de Donna à cet endroit.
Notre prochaine destination sera l'île de Lovund. Bien qu'assez petite, Lovund est visible de loin car elle est située au pied d'une montagne de 600m de hauteur. Départ vers le nord sous le soleil mais un fort vent (du sud évidemment) ne tarde pas à se lever. Nouvelle usine à poissons dans le chenal à l'est de l'île Vandved. Camp 14 établi sur une petite île au nord de Vandved d'où l'on peut gagner Lovund dans la journée. Beau temps et peu de vent en ce 18 août pour la traversée vers Lovund. Mais un fort vent de nord-est se lève à l'approche de la côte sud que nous atteindrons avec difficulté.
Peu après, un large détour est nécessaire pour contourner le port artificiel de la grande usine à poissons de Lovund. Accostage au port de Lovund où l'on nous indique un bon emplacement de camp à une vingtaine de minutes à l'ouest du village. Le site est parfait pour le camp 15 et nous dînons le soir même d'une pizza-bière à l'auberge de Lovund. La journée suivante est consacrée à une visite de la côte et des falaises à macareux. Les maisons qui forment le village de Lovund sont très bien tenues et la pisciculture semble assurer la propérité de la région.





















