Le ski pulka

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Ski - Pulka
Un peu de pratique

 

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Jusqu'au début des années 80, le ski d'expédition avec pulka était le fait de quelques rares randonneurs parcourant en hiver les vastes étendues enneigées de la Scandinavie où le ski est né voici quelques millénaires. Voir par exemple le livre d'Elmar Drastrup (2) pour le détail de ces raids avec pulka en Laponie dans les années 40. Le livre de Jacques Dieterlen (3) fournit aussi des renseignements sur l'équipement des skieurs de raid dans les années 30. Voir la référence (1)  pour l'histoire du  ski et (4) pour ses aspects récents.
Bien que différentes formes de pulkas existent depuis des temps très anciens, ce n'est qu'à la charnière des années 70 et 80 que plusieurs innovations techniques importantes voient le jour et, en quelques années, transforment complètement les conditions du ski et du camping hivernal. Elles sont à l'origine de l'apparition, au début des années 80, puis du développement rapide au cours des années suivantes, du ski d'expédition avec pulka. Quelles sont ces innovations?

Groenland, massif du Mont Forel. 2 mai 1997.

Groenland, massif du Mont Forel. 2 mai 1997.

          Les matelas en mousse à alvéoles fermées, dits «Karrimat», du nom de la société anglaise Karrimor, leur premier fabricant, arrivent sur le marché en 1977/78. Ils ont complètement transformé les conditions du couchage sur neige par rapport aux vieux matelas en laine non dessuintée utilisés jusque là.

          La fibre synthétique, appelée «fourrure polaire» à ses débuts, apparaît sensiblement à la même époque dans les vêtements pour les marins. C'est ainsi que les premiers articles en fourrure polaire étaient fabriqués par la firme norvégienne Helly Hansen, bien connue pour ses articles de marine. Rapidement utilisée par les montagnards et les randonneurs qui achetaient à l'époque leurs vêtements dans les boutiques de voile, la fourrure polaire a amélioré la protection contre le froid et facilité le séchage des vêtements.

Terre de Baffin, Gibbs Fjord. 6 mai 2003.

Terre de Baffin, Gibbs Fjord. 6 mai 2003.

         

             Le Gore Tex apparaît lui aussi à la fin des années 70 et se développe au début des années 80. Ses qualités de protection contre le vent l'ont fait adopter rapidement.

           Les arceaux de tente courbés, d'abord en fibre de verre puis en alliage d'aluminium, arrivent en 1981, permettant la fabrication des tentes hémisphériques ou hémicylindriques. Ces tentes offrent un volume intérieur important et une tenue au vent incomparable par rapport aux tentes canadiennes de l'époque. Elles ont largement contribué au développement du camping hivernal.

           

      Une nouvelle génération de réchauds à essence (MSR entre autres) est commercialisée en 1978. Plus légers et surtout beaucoup plus efficaces par grand froid que les systèmes au butane ou même au propane malgré les dires de certains, ils ont eux aussi facilité la vie du campeur hivernal pour les longs séjours. Ils sont utilisés aujourd'hui par toutes les expéditions dans les régions froides.

        De nouvelles fixations de ski, combinant une butée de sécurité à l'avant et un débattement vertical du talon, apparaissent aussi au début des années 80, permettant une progression beaucoup plus rapide.  C'est ainsi qu'en quelques années, entre 1978 et 1982, le matériel du skieur de randonnée a profondément changé, ouvrant la voie aux expéditions à skis avec une pulka.

       Pour notre part, au cours de l'été 1979, nous utilisons pour la première fois une petite luge en plastique pour tracter sur la neige une charge de 40kg sur une distance de 70km au sud du Groenland. Surpris par la facilité de ce transport et évidemment conquis par une progression sans sac à dos, notre première expédition à skis avec une pulka se déroula au Spitzberg en avril 1980; une vingtaine d'autres suivront.

     

Terre de Baffin. Gibbs Fjord. 12 mai 2006.

Terre de Baffin. Gibbs Fjord. 12 mai 2006.


   Voici donc quelques remarques basées sur notre expérience du raid à skis avec une pulka.

Photo montrant le détail du système de sandows intercalés entre le harnais (à G) et le timon de la pulka (à D).

Photo montrant le détail du système de sandows intercalés entre le harnais (à G) et le timon de la pulka (à D).

La pulka

Les pulkas norvégiennes «Fjellpulken» sont bien adaptées à une expédition à skis. Le modèle courant, long de 1m44, large de 45cm et muni d'un timon rigide, permet une autonomie de 4 semaines avec un matériel bien étudié. Les luges en plastique tractées avec deux cordes directes ou croisées sont instables et impossibles à diriger en traversée ou en descente. Elles sont déconseillées pour un long voyage malgré leur légèreté et un accès rapide à la pulka. Avec un timon rigide, il est très utile d'intercaler un sandow replié en 2 ou 3 entre le harnais du skieur et le timon (voir la photo). Ce petit amortisseur permet d'atténuer les à-coups lors de la traction et rend la progression plus fluide et moins fatiguante.

Il convient de le retirer dans les montées. Certains modèles sont maintenant fabriqués avec un dispositif de ce type. Bien veiller à ce qu'il puisse être retiré simplement avant une montée.

La tente

Choisir une tente d'expédition sérieuse dont le poids dépassera souvent 4kg pour 3 places. Les modèles à arceaux croisés simples ou, encore mieux, les dômes géodésiques où les arceaux se croisent en plusieurs points ont une excellente tenue au vent. Pour un long séjour sur la neige, un modèle 3 places pour 2 personnes apporte beaucoup de confort.

Détail important: pour des raisons inconnues, ces tentes ne sont pas vendues avec des toiles à pourrir prolongeant le double toit. Cette absence est un grave inconvénient en cas de tempête car la neige, soufflée par le vent, peut s'infiltrer sous le double toit.

Karakoram. Camp sur le Snow Lake. Avril 1990.

Karakoram. Camp sur le Snow Lake. Avril 1990.

Détail du système d'ancrage de la tente dans la neige à l'aide d'une rondelle de bâton de ski. Ce système bien monté est extrêmement solide.

Détail du système d'ancrage de la tente dans la neige à l'aide d'une rondelle de bâton de ski. Ce système bien monté est extrêmement solide.

 

Il convient donc de coudre des toiles à pourrir avant le départ puis de les recouvrir avec des blocs de neige une fois la tente montée.
Vérifier soigneusement l'état des fermetures zippées avant le départ.

Les véritables tentes isothermes, c'est-à-dire avec un espace fermé entre la tente intérieure et le double toit qui améliore l'isolation, ont inexplicablement disparu des catalogues depuis de nombreuses années. Ces tentes sont pourtant nettement supérieures aux autres dans le cas de basses températures et sont plus simples à monter, le double toit étant solidaire de la tente intérieure.

 

Pour fixer la tente, les piquets ne sont d'aucune utilité et les divers modèles de cornières métalliques sont lourds et peu efficaces. Les skis sont en nombre insuffisant, surtout si on est 2 par tente. De plus, si les skis sont utilisés pour fixer la tente, il est impossible de laisser un camp en place pour faire une course en aller-retour. Une solution simple, légère et très efficace consiste à fabriquer avant le départ des ancrages avec des rondelles de bâtons. (Voir la photo). En les installant correctement à une profondeur de l'ordre de 30cm, on obtient un ancrage très solide dans presque toutes les neiges.

Quelle que soit la forme de la tente et son système d'aération, quel que soit le tissu constituant la tente intérieure, une condensation importante sous forme de givre est inévitable sauf si les occupants de la tente s'abstiennent de respirer !! Une brosse est très utile pour retirer ce givre tous les matins. Elle servira aussi pour nettoyer les vêtements.

Il est intéressant de creuser une fosse d'une vingtaine de cm de profondeur dans l'abside d'entrée. Cette fosse limite la quantité de neige pouvant pénétrer dans la tente, facilite les entrées et sorties, améliore le confort pour mettre ou enlever les chaussures et simplifie la cuisine dans l'abside en cas de mauvais temps.

Groenland. Massif du Mont Forel. 30 avril 1997.

Groenland. Massif du Mont Forel. 30 avril 1997.

Terre de Baffin, Walker Arm. 1ér mai 2006.

Terre de Baffin, Walker Arm. 1ér mai 2006.

Le sac de couchage

La condensation est très mal supportée par les sacs de couchage en duvet. Avec le froid intense, du givre se dépose sur le duvet, agglutinant les plumes entre elles et vidant les compartiments de leur garnissage. Les sacs en fibres synthétiques de haut de gamme sont nettement supérieurs aux sacs en duvet dans les conditions arctiques, car ils supportent beaucoup mieux l'humidité provenant du corps. Ils sont très conseillés malgré leur volume important et leur poids un peu plus élevé.

Tous les fabriquants de sacs de couchage, qu'ils soient garnis en duvet ou en fibre synthétique, indiquent une température dite «de confort» et une autre dite «extrême». Ce sont des notions imprécises, mal définies et variables selon les individus, l'état de la tente, les sous-vêtements utilisés etc... Il ne faut donc pas accorder beaucoup d'importance à ces notions de température.

La cuisine

Le réchaud en est la pièce essentielle. Là, pas d'hésitations, les réchauds à essence MSR ont largement prouvé leur efficacité et leur fiabilité depuis près de 40 ans. Légers, simples, solides, ils sont entièrement démontables en cas d'incident (très improbable). Deux remarques concernant ces réchauds.
Utiliser une petite planche en bois pour poser le réchaud et la bouteille afin d'éviter qu'ils s'enfoncent dans la neige.
Etre rigoureux jusqu'à l'obsession avec l'étanchéité des bouteilles d'essence. Vérifier les joints avant le départ et prendre des joints de rechange. Utiliser exclusivement des bouteilles métalliques avec des bouchons vissés, conçues pour l'essence et proscrire absolument les jerricans en plastique.

 

Terre de Baffin. Fond d'Eglinton fjord. 18 avril 2003.

Terre de Baffin. Fond d'Eglinton fjord. 18 avril 2003.

Terre de Baffin. Eglinton Fjord. 18 avril 2003.

Terre de Baffin. Eglinton Fjord. 18 avril 2003.

Penser qu'une bouteille d'essence qui fuit dans une pulka peut avoir des conséquences désastreuses.

Enfin, un réchaud peut être brisé, cassé, écrasé et devenir inutilisable suite à une maladresse, une chute d'objet ou toute autre cause. Or, dans une expédition arctique, le réchaud est tout simplement vital. Pas de réchaud, pas d'eau et pas de vie. Il est donc indispensable d'avoir un réchaud de rechange complet en bon état pour un groupe.

Si l'on ne dispose pas d'eau liquide, la consommation d'essence est d'environ 0,5l par jour pour une tente de 2 personnes, thermos de liquide chaud compris. Là aussi, prévoir un supplément pour faire face à un incident imprévu.

Les vivres

Deux remarques concernant les vivres.

Le réchaud ne sert qu'à produire de l'eau chaude avec laquelle on obtient des boissons, des potages et des plats chauds à partir de produits déshydratés (potage, purée, couscous, semoule de blé ou polenta mais aussi café, chocolat, thé, lait en poudre etc...). Faire cuire de la soupe, des pâtes ou du riz pendant 10 ou 15 minutes est une perte de temps, un gaspillage d'essence et une corvée de vaisselle qu'il vaut mieux éviter !

L'appétit augmente avec le temps. Dans le cas d'une longue randonnée, il faut prévoir des rations plus importantes pour la fin.

Terre de Baffin. Gibbs Fjord, avril 2005.

Terre de Baffin. Gibbs Fjord, avril 2005.

Groenland. Massif du Mont Forel. 1er mai 1997.

Groenland. Massif du Mont Forel. 1er mai 1997.

 

Lors de la traversée Clyde-Pond en Terre de Baffin (voir ici) qui a duré 6 semaines, nous avions des vivres abondants pour 7 semaines. Quand nous sommes arrivés, au bout de 43 jours, les pulkas étaient vides et s'il avait fallu continuer à marcher, nous aurions du instituer un rationnement sévère. Compter donc 4000 calories/jour pour un voyage de 2 semaines, 4500 pour la 3ème et 5000 à partir de la 4ème. Ces valeurs sont à moduler selon le gabarit des participants.

Enfin, veiller à la diversité et la qualité des aliments dont le prix ne représente qu'une faible partie des dépenses d'une expédition en pulka !

 

Skis, chaussures et fixations

Deux remarques simples pour commencer.

La première concerne les peaux de phoque (qui ne sont plus en phoque depuis bien longtemps). Quels que soient les skis utilisés, il est indispensable de fixer des peaux sous les skis pour tracter une pulka.

La seconde a trait aux crampons. Certaines glaces très lisses possèdent un coefficient de frottement si faible qu'il devient impossible d'avancer sans crampons, même si la surface est horizontale (lac ou fjord gelé par exemple). Une paire de crampons adaptée aux chaussures peut donc s'avérer utile. Attention cependant si la glace est fragile, les skis offrent plus de portance …. expérience vécue !

 

Groenland. Trace profonde dans le detroit d'Inukavsait. 6 mai 1991.

Groenland. Trace profonde dans le detroit d'Inukavsait. 6 mai 1991.



Karakoram. Sur le Snow Lake, au fond, les tours de Biafo. 8 avril 1990

Karakoram. Sur le Snow Lake, au fond, les tours de Biafo. 8 avril 1990

  Le choix des skis, chaussures et fixations est déterminé par le type de parcours prévu, sachant que dans tous les cas, les températures peuvent être basses et la protection des pieds doit être particulièrement soignée. Sans rentrer ici dans tous les détails, il existe deux types de situations:

La première est celle d'une longue traversée sur des fjords gelés, des vallées ou des plateaux en faible pente avec quelques courts passages un peu plus raides à la montée ou à la descente. Lors de ces raids, il est toujours possible de faire l'ascension sans pulka de quelques sommets en aller-retour, avec ou sans skis selon les cas. C'est la situation que nous avons connue lors de nos randos en Terre de Baffin (sauf en 2006), en Laponie, dans les vallées autour du Sarek et du Padjelanta, sur l'île de Bylot ou au Spitzberg.

 

Dans ces cas, les skis de randonnée nordique sont très conseillés. D'une largeur au patin de 60mm, ces skis possèdent des carres et des semelles à écailles. Ils n'ont rien de commun avec les skis de fond dont la largeur au patin ne dépasse pas 45 mm. Plus légers que les skis de rando classiques, équipés de fixations légères, ils sont beaucoup plus rapides avec un effort moindre sur les longues traversées en faible pente.

Ils peuvent être équipés soit de la Norme 75, soit du BCX, les deux systèmes exigeant des chaussures adaptées. Nous préférons le BCX qui permet un meilleur débattement vertical du talon tout en étant plus léger. On choisira alors, selon les températures attendues, soit des chaussures de rando nordique chaudes et classiques, soit un modèle constitué d'une chaussure BCX fourrée chaude avec guêtre incorporée. Ce dernier type en cas de randonnée à Baffin par exemple.
La seconde situation est celle où l'on prévoit de réaliser sans pulka l'ascension de sommets en aller-retour avec des descentes pouvant être raides. Cela peut correspondre aussi à des traversées de cols ou de passages raides avec la pulka.

 

Une pulka descend le col Major à bout de corde. Alpes de Stauning. 1er mai 1984.

Une pulka descend le col Major à bout de corde. Alpes de Stauning. 1er mai 1984.

Sur le Bjorne Glacier dans le massif du Mont Forel au Groenland - 21 avril 1997.

Sur le Bjorne Glacier dans le massif du Mont Forel au Groenland - 21 avril 1997.

Ce fut par exemple notre cas lors des raids au Karakoram, aux Alpes de Stauning et de Lyngen ou à Baffin en 2006. Dans ces cas, on choisira des skis de rando classiques avec des chaussures hivernales ou des chaussures de rando thermoformées. Attention cependant à la largeur des skis qui a beaucoup augmenté ces dernières années. Faire la trace avec une pulka chargée nécessite un effort important qui peut rapidement devenir épuisant ou impossible avec des skis trop larges. Une largeur au patin de 75mm et à la spatule de 100mm est suffisante, 80mm au patin et 110 à la spatule étant un maximum avec une pulka. Les skis de rando larges de 85 ou 90mm au patin et 120 ou 125 à la spatule ne sont pas adaptés à la traction d'une pulka.

Téléphone et GPS

Les piles utilisées dans les appareils électroniques ne supportent pas un froid intense. En particulier, l'expérience montre que les smartphones cessent de fonctionner vers -14/-15°C. Enregistrer une trace GPS sur un smartphone avant de partir en Terre de Baffin n'est donc pas une bonne idée. Quant à téléphoner, entre le froid et l'absence de réseau, il ne faut pas y songer. Si l'on est dans l'obligation de communiquer, la meilleure solution est un téléphone satellite à condition de maintenir ses batteries au chaud. Les GPS résistent jusque vers -25/-28°C si on les tient au chaud près du corps. Dans tous les cas, ne pas oublier l'ABC du randonneur: Altimètre, Boussole, Carte qui ne tombent jamais en panne !

En montant au col Est de Mustagh - Karakoram - Avril 1990.

En montant au col Est de Mustagh - Karakoram - Avril 1990.

 Bibliographie

Pour ceux qui s'intéressent à l'histoire du ski en dehors des stations et des compétitions, appelé ski de printemps, ski de randonnée, ski de montagne, ski alpinisme etc... au gré des diverses modes:

1 - Arnold Lunn : A history of ski-ing. Publié à Londres par Oxford University Press en 1927. Cette Bible de près de 500 pages dont 140 d'appendices, illustrée avec 120 photographies des débuts du ski  dans le monde non scandinave est la référence incontournable sur le sujet. Toutes les formes de ski y sont abordées à l'exception du ski-pulka. Livre rare. Une traduction française assez courante mais très partielle et sans les photos a été publiée chez Payot en 1953.

2 - Elmar Drastrup : Igloo camping. Ouvrage traduit du danois par J. et G. Gérard-Arlber. Paris, éditions J.Susse, 1946. Illustré avec de nombreuses photos et une carte. Livre intéressant donnant des détails sur l'équipement du ski avec pulka en Laponie dans les années 40.

3 - Jacques Dieterlen: Le chemineau de la montagne. Biographie de Léon Zwingelstein et récit de la première traversée des Alpes à skis effectuée par celui-ci au printemps 1933. L'ouvrage contient aussi quelques détails concernant l'équipement.

4- La logistique des expéditions polaires à skis publié sous la direction de Pascal Lièvre. Edité par GNGL Productions, 2003. Bonne synthèse moderne de la pratique du ski d'expédition avec pulka.

Brouillard sur le glacier de Karale au Groenland - 6 Mai 1997.

Brouillard sur le glacier de Karale au Groenland - 6 Mai 1997.