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L’expédition de la Terra Nova
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La  conquête  du  Pôle  Sud
Amundsen  -  1910/1912

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Les Norvégiens en route vers le Pôle. Noter les 5 paires de skis, les chiens, les traîneaux chargés, les roues pour mesurer la distance parcourue. Novembre 1911.

Les Norvégiens en route vers le Pôle. Noter les 5 paires de skis, les chiens, les traîneaux chargés, les roues pour mesurer la distance parcourue. Novembre 1911.

Au début du 20ème siècle, le Norvégien Roald Amundsen a déjà une longue expérience des régions polaires. Il est officier de marine et, en 1897/99, il participe comme premier lieutenant à l'expédition belge d' Adrien de Gerlache effectuant ainsi, à 25 ans, un des premiers hivernages en Antarctique. Dès son retour, il songe à repartir. Entre 1903 et 1906, il franchit pour la première fois le Passage du Nord-Ouest à bord d'un petit bateau, la Gjoa, faisant 2 hivernages dans le Grand Nord canadien.

A son retour, devenu célèbre, il réfléchit à une expédition destinée à atteindre le Pôle Nord. Il sollicite divers sponsors et Nansen qui le soutient lui cède le Fram. Mais, au cours de l'automne 1909, deux importantes nouvelles vont conduire Amundsen à modifier ses plans: Shackleton a échoué de très peu au Pôle Sud (9 janvier 1909) et l'américain Robert Peary a atteint le Pôle Nord (6 avril 1909).

Concernant Peary, de sérieux doutes ont été émis depuis longtemps par de nombreux spécialistes quant à la réalité de sa conquête du Pôle Nord. Il est aujourd'hui admis par une majorité d'historiens polaires que ni Cook en 1908, ni Peary en 1909, n'ont atteint le Pôle Nord qui n'a sans doute été rejoint par voie de terre de manière certaine qu'en 1969 par Wally Herbert. Mais Amundsen ignorait évidemment cette situation.

 

Amundsen sait que Scott prépare pour 1911 une nouvelle expédition au Pôle Sud qui doit suivre l'itinéraire du glacier Beardmore découvert par Shackleton deux ans auparavant. Il décide alors de tenter le Pôle Sud.

Connaissant le conflit de Scott avec Shackleton, Amundsen ne voulait pas dévoiler ses projets aux Anglais. Afin de ne pas mécontenter ses sponsors et d'éviter une polémique avec Scott, il garde son véritable projet secret et continue officiellement à préparer une expédition dans l'Arctique. Seuls, son frère Léon et le capitaine du Fram, Thorvald Nilsen, sont au courant !

Robert Peary

Il ne partira pas de McMurdo car il ne veut ni retrouver Scott, ni mettre ses pas dans ceux des Anglais sur le glacier Beardmore. Il décide donc de gagner le Pôle à partir de la Baie des Baleines, ce qui constitue un fantastique pari. L'itinéraire est en effet plus court de 100km mais se déroule sur un terrain totalement inconnu. Amundsen ne sait absolument pas s'il trouvera un passage lui permettant de gagner le plateau polaire dont on connait l'existence depuis le raid Shackleton de 1909. 100km de moins dans un inconnu total ou 100km de plus sur la route toute tracée du glacier Beardmore, tel est un des éléments de la course au Pôle qui se prépare.

La Grande Barrière de Ross à l'entrée de la baie des Baleines.

La Grande Barrière de Ross à l'entrée de la baie des Baleines.

 

 

Tout le plan de l'expédition a été élaboré dans le moindre détail. Amundsen emportait une maison préfabriquée pour abriter l'expédition durant l'hivernage prévu à la Baie des Baleines, des vivres pour 3 ans, 20 paires de skis et 100 chiens de traîneaux. Pas question de voiture ou de poneys, les Norvégiens vont démontrer qu'ils sont les maîtres du traîneau à chiens. Le Fram va être modifié. Equipé d'une machine à vapeur alimentée au charbon pendant ses deux premiers voyages historiques, on y installe un moteur Diesel de 180CV alimenté au pétrole ce qui constituait un grand progrès à l'époque.

Le 9 août 1910, le Fram quitte la Norvège. Sa destination officielle consiste à franchir le cap Horn puis à rejoindre San Francisco et le détroit de Béring pour pénétrer dans le Bassin Polaire Arctique ! Durant les jours précédant le départ, l'équipage est très intrigué par divers objets que l'on embarque pour un voyage à San Francisco et en Alaska ! Pourquoi tous ces chiens alors qu'on en trouvera sur place sans aucune difficulté ? Et pourquoi tant de vivres, il n'y en a pas aux Etats-Unis et au Canada ? Et ces planches qu'il serait si simple d'acheter sur place ? Etc...etc...

 

Mais le 9 septembre, lors d'une escale à Madère, Amundsen rassemble tout l'équipage sur le pont, le capitaine Nilsen déroule une carte et le véritable projet est révélé. Chaque membre de l'équipage est prié de dire s'il poursuit vers le sud ou s'il renonce. Il n'y a aucune défection. Amundsen envoie alors à Scott qui faisait escale à Melbourne pendant son voyage vers la baie de McMurdo, un télégramme célèbre de 4 mots qui résumait la situation: “I'm going South”. Dans les heures qui suivirent, le monde entier était informé et la course au Pôle Sud était lancée.

Tous sur le pont !

Tous sur le pont !

 

Le Fram amarré à la l'entrée de la baie des Baleines. Au fond, la Grande Barrière de Ross - Février 1911.

Le Fram amarré à la l'entrée de la baie des Baleines. Au fond, la Grande Barrière de Ross - Février 1911.

 

Le Fram arrive le 11 janvier 1911 devant la Grande Barrière de Ross et mouille dans la Baie des Baleines.

Amundsen savait que l'ice-shelf de Ross flottait sur la mer et qu'un morceau de glace pouvait se détacher de la Barrière et partir à la dérive (vélage du glacier). Aussi, pour se prévenir du risque mortel de voir son camp transformé en île flottante, avait-il prévu de l'installer à 18km de la Barrière.
Mais en arrivant sur place, Amundsen changea d'avis après un examen de la forme du glacier et pensa qu'il reposait sur un socle rocheux sans aucun risque de vélage.

 

 

Il décida alors d'installer son camp près de la mer ce qui simplifiait beaucoup ses opérations de débarquement.

Cette hypothèse s'avèrera fausse par la suite; des pans de la Barrière se détachent de temps à autres et partent à la dérive. Par chance pour les Norvégiens, ce vélage de la Barrière ne s'est pas produit durant leur séjour à la baie des Baleines mais l'expédition aurait sans doute été anéantie dans le cas contraire.

Amundsen et ses équipiers débarquent aussitôt leur matériel, et installent leur camp qu'ils appellent Framheim. Dès le début de février, l'installation est achevée et le 10 février, le Fram appareille pour la Nouvelle Zélande. Il reviendra dans un an. L'hivernage va commencer pour les 9 hommes demeurés à Framheim, à 78°30' de latitude.

Le Fram à la lisière de la banquise - Mars 1911.

Le Fram à la lisière de la banquise - Mars 1911.

 

Le déchargement du matériel à la baie des Baleines - Février 1911.

Le déchargement du matériel à la baie des Baleines - Février 1911.

Le déchargement du matériel à la baie des Baleines - Février 1911.

Le déchargement du matériel à la baie des Baleines - Février 1911.

 

 

Vue générale de Framheim en Mars 1911.

Vue générale de Framheim en Mars 1911.

Le camp des chiens à Framheim - Mars 1911.

Le camp des chiens à Framheim - Mars 1911.

Carte du raid Amundsen vers le Pôle Sud

 

Carte extraite du livre d'Amundsen publié en 1912 au retour de l'expédition.

Carte extraite du livre d'Amundsen publié en 1912 au retour de l'expédition.

Le 4 février, les Norvégiens reçoivent à Framheim la visite du Terra Nova qui est le navire de l'expédition anglaise de Scott. L'expédition a établi ses quartiers d'hiver dans la baie de McMurdo et un détachement commandé par le lieutenant Campbell explore la côte entre McMurdo et la Baie des Baleines. Rencontre cordiale, les Anglais viennent visiter Framheim et les Norvégiens sont invités à dîner à bord de la Terra Nova. Chacun souhaite un bon voyage à l'autre et rentre chez lui; les Anglais à McMurdo et les Norvégiens à Framheim. Mais les Anglais sont impressionnés et ne comprennent pas comment Amundsen a pu amener 100 chiens ici ! En fait, il en avait exactement 116.

Le Terra Nova, navire de l'expédition anglaise de Scott à McMurdo.

Le Terra Nova, navire de l'expédition anglaise de Scott à McMurdo.

Installation du dépôt à 80° - Février 1911.

Installation du dépôt à 80° - Février 1911.

Le 10 février, Amundsen quitte Framheim vers le sud avec 4 hommes et 3 traîneaux transportant chacun 250kg de vivres pour effectuer un premier dépôt à 80°. Le plan de voyage de l'expédition a prévu d'effectuer des dépôts à 80°, 81°, 82° etc...

Ce premier voyage est effectué à grande vitesse; Amundsen et ses chiens conduits par Hanssen ne mettent que 5 jours pour parcourir les 170km avec leurs traîneaux chargés. Les hommes demeurés à Framheim achèvent l'installation du camp en creusant des galeries dans la glace. Ils se mettent aussi à chasser les phoques dont ils vont tirer une grande quantité de viande pour les chiens.

 

Dès son retour, Amundsen confie la garde de Framheim à Lindström, cuisinier de l'expédition, et repart avec 7 hommes et 7 traîneaux tirés par 42 chiens pour déposer vivres et matériels à 81° et 82° par des températures qui descendent déjà à -40°. Dans ces conditions, l'allure des attelages de chiens est impressionnante. L'aller-retour entre Framheim à 78°30' et le dépôt à 82° représente 800km parcourus en 28 jours dont 3 jours d'arrêt pour construire et baliser les deux dépôts. Retour sans histoire à Framheim avant un troisième et dernier voyage avant l'hiver. Pour celui-ci, les Norvégiens se contentent de déposer une tonne de viande de phoque pour les chiens à 80° puis l'hivernage commence et les températures descendent au-dessous de -50°.

Le premier camp des chiens à Framheim - Février 1911.

Le premier camp des chiens à Framheim - Février 1911.

La distance entre 2 dépôts situés sur un même méridien et séparés par 1° de latitude est de 112km au plus court, soit environ 125km avec les détours. Les Norvégiens prennent des dispositions pour retrouver leurs dépôts. Ils relèvent leurs coordonnées puis, à l'aide de blocs de neige, érigent une pyramide de 2 ou 3m de hauteur surmontée d'un mât en bambou et d'un grand pavillon noir. Ce n'est pas tout. Les traîneaux se déplaçant toujours suivant une direction nord-sud à l'aller ou sud-nord au retour, Amundsen plantait de chaque côté du dépôt suivant une direction est-ouest une ligne de dix bambous numérotés et surmontés d'un pavillon noir à des intervalles de 900m. Il était alors presque impossible qu'un traîneau ne traverse pas cette ligne de 18km de long perpendiculaire à sa direction.

Le dépôt à 83°.

Le dépôt à 83°.

Le dépôt à 82°.

Le dépôt à 82°.

 

 

Le 21 avril, le soleil disparaît et Framheim plonge dans la nuit pour 4 mois. On ne reverra la lumière que le 24 août. Les Norvégiens passent un hiver tranquille à Framheim. Ils creusent la glace pour aménager diverses pièces destinées à entreposer leur matériel à l'abri des intempéries. Ces pièces sont reliées à la hutte principale par des galeries et des escaliers qui forment une petite ville à l'intérieur du glacier. Les chiens, bien nourris, font l'objet de toutes les attentions car ils sont indispensables au succès de l'expédition et doivent être en forme à la fin de l'hiver.

Au début de septembre, Amundsen décide de confier la garde de Framheim au cuisinier Erik Lindström et de partir vers le Pôle avec 7 hommes puisqu'il n'y a que 9 hommes à Framheim. Outre les 4 hommes qui l'accompagneront au Pôle, il y a Presterud, Stubberud et Hjalmar Johansen qui était le compagnon de Nansen lors de la dérive du Fram.

Galerie creusée dans le glacier entre la maison et la tente du charbon

Erik Lindstöm dans la cuisine de Framheim.

Erik Lindström dans la cuisine de Framheim.

Soirée à Framheim durant l'hivernage. On reconnait Amundsen au fond à D.

Soirée à Framheim durant l'hivernage. On reconnait Amundsen au fond à D.

Le 8 septembre 1911, le raid polaire s'ébranle avec 52 chiens tirant 4 traîneaux portant chacun 500kg de vivres et de matériels. Mais le froid est intense, -55° pendant une semaine. Les chiens et les hommes souffrent et Amundsen limite sagement son raid à 80° où il dépose les charges des traîneaux. Plusieurs chiens meurent et pendant le retour à Framheim, Stubberud et Hanssen ont les pieds gelés. L'expédition est partie trop tôt et va attendre plus d'un mois à Framheim.

Durant cette période, Amundsen modifie ses plans, pensant que 8 hommes forment une caravane trop importante. Presterud, Johansen et Stubberud iront donc explorer la Tere du Roi Edouard VII tandis qu'Amundsen partira vers le Pôle avec 4 hommes.

Olav Bjaaland

Helmer Hanssen

Roald Amundsen

Sverre Hassel

Oscar Wisting

Le 19 octobre 1911, c'est le vrai départ. Roald Amundsen et ses 4 compagnons, Olav Bjaaland, Helmer Hanssen, Sverre Hassel et Oscar Wisting s'élancent vers le Pôle Sud situé à 1400km avec 52 chiens et 4 traîneaux. A partir de ce jour, les Norvégiens vont effectuer un raid fabuleux, sans doute le plus grand raid à skis de tous les temps. Sans aucun moyen de communication avec personne, sans la moindre carte, sans assistance d'aucune sorte, sans météo, dans l'inconnu total, cette chevauchée fantastique de 3000km en moins de 100 jours arrêts compris, au milieu des champs de crevasses, des températures et des blizzards de l'Antarctique, n'a jamais été répétée et ne pourra plus jamais l'être dans les mêmes conditions.

Le glacier du Diable - Novembre 1911.

Le glacier du Diable - Novembre 1911.

Le 21 octobre, l'expédition manque d'être anéantie. Bjaaland, ses 13 chiens et son traîneau tombent dans une crevasse. En mettant un second traîneau en travers, ils parviennent à tout remonter et repartent. Mais ils sont sur un terrain complètement miné et le soir, au camp, Wisting sortant de sa tente disparait dans un trou et s'en sort en écartant les bras ! Malgré toutes ces difficultés, l'expédition rejoint le dépôt des 80° dès le 22 octobre après avoir parcouru 170km en 4 jours. Ils demeurent 2 jours sur place pour charger leurs traîneaux et le 25 octobre, Amundsen ouvrant la trace, la caravane quitte le dépôt du 80° et se dirige vers le sud par étapes de 28km.

 

Les Norvégiens construisent des cairns de 2m de hauteur pour repérer l'itinéraire pour le retour. Chaque cairn contenait un document indiquant sa position, sa distance au cairn suivant vers le nord et la direction à suivre pour l'atteindre. 150 cairns ont ainsi été érigés.

Bjaaland, Hanssen, Hassel et Wisting conduisent chacun un traîneau à un train rapide tandis qu'Amundsen est assis sur le traîneau de Wisting. Écoutons Amundsen: “J'en ai assez d'un pareil train et je m'installe sur le traîneau de Wisting. Je gardai cette place jusqu'au 85°30' de latitude et je parcourai ainsi 550km sans la moindre fatigue. En vérité, jamais auparavant je n'aurais pensé pouvoir accomplir une partie du voyage vers le Pôle Sud confortablement assis sur un traîneau”.

Un cairn fait de blocs de neige dressé sur la Barrière de Ross pour servir de repère au retour du Pôle.

Un cairn fait de blocs de neige dressé sur la Barrière de Ross pour servir de repère au retour du Pôle.

Le dépôt à 84°.

Le dépôt à 84°.

Le 8 novembre, ils sont à 83° et à plus de 500km de Framheim. Amundsen commence à tuer les chiens devenus inutiles, les traîneaux s'allégeant. Après avoir laissé 2 dépôts pour le retour à 84° et 85°, ils ont encore 4 traîneaux et 42 chiens.

Le 17 novembre, l'assaut des montagnes Transantarctiques commence. Les Norvégiens contournent une grande chute de séracs puis doivent descendre en freinant les traîneaux et les chiens à l'aide de cordes garnies de pointes et enroulées autour des patins. Ils remontent ensuite à 1300m d'altitude d'où ils découvrent un grand glacier auquel ils donnent le nom d'Axel Heiberg, généreux norvégien ayant sponsorisé le voyage.

 

Après une nouvelle descente, ils rejoignent le glacier Axel Heiberg. Enfin, le 20 novembre 1911, Amundsen, ses équipiers, ses chiens et ses traîneaux, remontant toute la partie supérieure du glacier Axel Heiberg, débouchent sur le plateau polaire à 3200m d'altitude, après 31km et 1900m de dénivelée franchis dans la journée, au milieu des crevasses, avec leurs 42 chiens et tout le chargement. On croit rêver! La latitude est alors de 85°30'. Comme prévu par Amundsen avant le départ, ils tuent 24 chiens devenus inutiles, leurs corps servant à nourrir les 18 survivants. Après 4 jours passés à reposer les chiens, refaire les traîneaux et attendre la dissipation du brouillard, ils repartent le 25 novembre avec 3 traîneaux allégés tirés par 18 chiens. Ils disposent de 60 jours de vivres pour les hommes et les chiens.

Les bottes et le système de fixations des skis norvégiens.

Les bottes et le système de fixations des skis norvégiens en 1911.

Les traîneaux prêts pour les dernières étapes avant le Pôle Sud.

Les traîneaux prêts pour les dernières étapes avant le Pôle Sud.

 

Durant 4 jours, les Norvégiens progressent en plein brouillard au milieu des crevasses tout en dépassant le 86°. A partir du 30 novembre, le ciel s'éclaircit mais jusqu'au 6 décembre, l'équipe progresse difficilement sur un glacier très crevassé. Amundsen et Hassel, encordés, ouvrent la route tandis que les skis évitent souvent de crever les ponts de neige. Le sol sonne creux, Bjaaland est sauvé par la corde et l'attelage de Hanssen disparait dans une crevasse où il reste suspendu par les harnais.

Malgré cela, le 7 décembre le record de Shackleton de 88°23' est battu. Les Norvégiens hissent le pavilllon national, rendent hommage à Shackleton, laissent un dernier dépôt et campent. Une semaine plus tard, le 14 décembre 1911, Amundsen et ses 4 co-équipiers sont au Pôle. Ils plantent tous ensemble le drapeau norvégien et donnent le nom du Roi Haakon VII au plateau polaire.

Olav Bjaaland et son traîneau au Pôle Sud.

Olav Bjaaland et son traîneau au Pôle Sud.

Oscar Wisting arrivant au Pôle Sud

Oscar Wisting arrivant au Pôle Sud.

Amundsen et ses compagnons restent au Pôle le 15 et le 16 décembre et font des relevés précis afin d'être certains d'avoir bien atteint le Pôle géographique. Pour cela, le 15 décembre, Wisting se déplace de 20km en avant de leur direction d'arrivée tandis que Bjaaland et Hassel se déplacent de 20km suivant les deux directions perpendiculaires. Le 16 décembre, l'expédition va dresser son ultime camp avant le retour à 10km au-delà du point atteint le 14. Ils font des observations durant 6h de suite et sont au Pôle à la précision des instruments dont ils disposent.

Observations au Pôle Sus - Décembre 1911.

Observations au Pôle Sud - Décembre 1911.

Pour éviter toute contestation au retour, ils laissent un traîneau et une tente surmontée du drapeau norvégien que Scott retrouvera 5 semaines plus tard. Enfin, Amundsen dépose dans sa tente une première lettre pour Scott et une seconde lettre qu'il demande à Scott de faire parvenir au Roi de Norvège au cas où lui, Amundsen, ne reviendrait pas ce qui n'a pas été le cas.

Les Norvégiens au Pôle Sud.

            Les Norvégiens au Pôle Sud. De G à D: Amundsen, Hanssen, Hassel, Wisting. Bjaaland a pris la photo.                      15 Décembre 1911.

Ces lettres, trouvées et emportées par Scott, puis retrouvées dans sa tente après sa mort, prouvent de manière indiscutable qu'Amundsen et Scott sont arrivés au Pôle Sud tous les deux et qu'Amundsen y est arrivé le premier. Elles ont évité la polémique qui s'est développée à propos de la première du Pôle Nord et qui se poursuit de nos jours, plus de 100 ans après le raid de Peary.

 

Le retour à Framheim est effectué par les Norvégiens à un train d'enfer. Quittant le Pôle le 18 décembre, aidés par un éclairage permanent et par leurs cairns, ils ne mettent que 37 jours, arrêts compris, pour effectuer les 1400km du parcours. Le régime de retour est de 28km suivis d'un arrêt de 6h avant de repartir pour 28km puis de s'arrêter 6h etc...

Le Fram pavoisé en l'honneur du succès au Pôle Sud est amarré à la banquise de la baie des Baleines - Janvier 1912.

Le Fram pavoisé en l'honneur du succès au Pôle Sud est amarré à la banquise de la baie des Baleines - Janvier 1912.

Embarquement du matériel et des chiens à la baie des Baleines - Janvier 1912.

Embarquement du matériel et des chiens à la baie des Baleines - Janvier 1912.

 

 

Amundsen explique: “Jusqu'ici, nous avions l'habitude de couper l'étape par une ou deux haltes. Désormais, elles seront supprimées. Il est en effet toujours dur de se remettre en route après une pause. Pendant les arrêts, les jambes deviennent raides et, jusqu'à ce que les articulations soient redevenues souples, la marche est pénible”.

Le 24 janvier 1912, ils sont de retour à Framheim où le Fram les attend. En 5 jours seulement, ils embarquent le matériel, les instruments, les documents et 39 chiens dont 11 ont accompli l'aller-retour au Pôle. Le Fram quitte la baie des Baleines le 30 janvier 1912 et le 7 mars, l'expédition au complet est en Nouvelle-Zélande.

Le monde entier apprend alors qu' Amundsen a conquis le Pôle Sud mais demeure sans nouvelles de Scott.

L'équipe qui est allée au Pôle Sud à son arrivée en Nouvelle-Zélande - Mars 1912. Helmer Hanssen                      Olav Bjaaland           Roald Amundsen          Oscar Wisting      Sverre Hassel

Bibliographie

 

La plupart des photographies figurant dans cet article sont extraites de l'édition originale des livres d'Amundsen publiés peu de temps après le retour de l'expédition. Le texte original est écrit en norvégien. Une traduction complète en anglais a été publiée  dès 1912 et une traduction française abrégée en 1913. Le prix de ces ouvrages devient élevé pour des exemplaires en bon état. Il existe de nombreuses rééditions à des prix très abordables mais elles ne contiennent généralement que quelques photos ou parfois aucune photo.

On peut se procurer les éditions originales et les rééditions sur Internet. Voir par exemple :  http://www.abebooks.fr  

Roald Amundsen: The South Pôle - Edition originale anglaise en 2 volumes illustrés avec 134 photos en noir et blanc et 2 cartes en couleurs. Londres, John Murray éditeur, 1912.

Roald Amundsen: Au Pôle Sud - Expédition du Fram : Edition française en 1 volume de 371 pages illustré avec 125 photos et une carte. Paris, Librairie Hachette éditeur, 1913.

Helmer Hanssen: Voyage of a modern viking : Fidèle compagnon d'Amundsen qu'il a accompagné au Pôle Sud mais aussi sur le passage du Nord-Ouest et, dans les années 20, sur le Passage du Nord-Est, Helmer Hanssen donne un éclairage original sur l'expédition au Pôle Sud. Un volume de 216 pages et 6 photos. Londres, Routledge et fils éditeurs, 1936.